Besoin d'aide ?
Qui êtes-vous ? Que recherchez-vous ?
mercredi 03 septembre 2014

Adapter l’alimentation à la baisse des cours des céréales

La solution du mois Diag'Vital
Partager l'article

L’évolution baissière récente du cours des céréales laisse présager une baisse prochaine du prix des aliments du commerce mais jusque où cela peut-il modifier la stratégie alimentaire en place sur l’exploitation (fourrages/concentrés) ?


Une stratégie alimentaire, se construit dans le temps, les décisions prises vis-à-vis du cours des aliments doivent garantir la santé du troupeau, la performance agronomique de l’assolement et la durabilité du système d’exploitation.
Rq : Le prix d’achat en €/T n’a pas d’intérêt en soit, c’est bien le prix d’intérêt qui doit être retenu = prix d’une UF ou d’un kilogramme de PDI: Prix d’achat (€/T) / concentration (UF ou PDI/T).

1) Impact d’un changement de concentré sur la santé générale du troupeau
Les aliments concentrés doivent assurer une complémentation énergétique et/ou protéique des fourrages disponibles sur l’exploitation pour assurer une valorisation alimentaire optimale. Si ce n’est pas le cas, il y a instabilité ruminale pouvant favoriser des troubles sur l’animal tels que les boiteries, les cellules, la repro…

Autrement dit, la qualité alimentaire des fourrages impose la nature des matières premières retenues. Un ajustement de la nature des MP reste possible selon leur prix d’intérêt à condition de conserver les caractéristiques de digestibilité :
-  De l’orge, du triticale ou du blé, source d’énergie rapide sont interchangeables dans une certaine mesure
Par contre du tourteau de colza (azote rapide) ne peut pas remplacer du tourteau de soja (azote lent)

Le changement de concentré peut aussi avoir un impact très important à moyen terme :
- Certaines matières premières comme la graine de lin ont un intérêt digestif et sanitaire sur l’animal.
- Selon l’effet plus ou moins lactogène de la matière première, il y a un effet sur la capacité de la vache à mobiliser ses réserves et à les reconstituer, ce qui modifie la courbe de lactation et à moyen terme la fertilité.
- Les capacités d’ingestion et digestive des vaches sont définies au stade génisse. Un changement de concentré des génisses doit permettre un développement volumineux du rumen (ration encombrante) et un nombre maximal de papilles ruminales (ration à digestion lente).

 2) Impact du changement de concentré sur les cultures fourragères
Une baisse des cours des concentrés peut être l’occasion de libérer de la SFP au profit de la SCOP. Cependant les cultures fourragères rentrent dans un assolement et elles où elles sont généralement de bons précédents.

































Fourrage Effet précédent Cultures de remplacement Opportunité de changer.
Maïs + mais Lié uniquement au fumier au semis Maïs grain Réelle et sans risque
Méteil ++(effet désherbant et N, P, K) Céréales Possible
Dérobée 6 ou 18 mois 0 Couvert agronomique Possible si le sol en a besoin
Prairie ou luzerne > 3 ans +++(Effet N et CEC) Multiples Risqué étant donné le délai d’implantation

Une baisse momentanée du cours des matières premières peut être l’occasion de moduler son système fourrager surtout pour les fourrages annuels. Prairies et luzerne, vous engage pour plusieurs années et sont des fourrages essentiels pour l’autonomie protéique à long terme.

 3) Impact du changement de concentré sur l’évolution à long terme des cours mondiaux
Les cours de matières premières varient quotidiennement en fonction du niveau des stocks mondiaux mais ces variations brutales n’empêchent pas une tendance haussière à long terme (à 10 ans) en raison des besoins accrus des pays émergeants et de l’augmentation de la population.

L’adaptation des concentrés en fonction de leurs prix d’intérêt est possible mais ne doit pas remettre en cause la stratégie alimentaire à long terme car le contexte haussier des intrants est une réalité incontournable pour les 10 prochaines années.

L’atteinte d’un maximum d’autonomie azotée est une nécessité dans tous les élevages. Celle-ci passe par l’utilisation de protéines autoproduites, par ordre d’intérêt : prairies de mélange, luzerne, méteil, protéagineux, tourteaux fermiers, ...

La baisse du prix des céréales ouvre des perspectives d’optimisation du coût alimentaire. Bien qu’il soit un levier rapide, il ne représente que 33% du cout de production et il ne faudrait pas perdre sur la longévité les gains immédiats de l’alimentation : Gagner 3% de réussite en 1ere IA équivaut à un gain de 5 cts €/VL/J sur le cout alimentaire.
Partager l'article sur
les réseaux sociaux