Besoin d'aide ?
Qui êtes-vous ? Que recherchez-vous ?
lundi 09 mars 2015

Comment évaluer la performance technico-économique de mon exploitation laitière ?

La solution du mois Technique
Partager l'article

Si pendant longtemps l’accroissement progressif du niveau d’étable du troupeau garantissait la rentabilité de l’atelier, aujourd’hui le contexte de prix volatile des matières premières et produits finis impose un raisonnement à la marge nette. Il est nécessaire de disposer de critères de décision qui reflètent globalement et finement la performance relative et non brute de l’exploitation.

1 -La production par jour de vie


Ce critère, facilement calculable, détermine la performance technique globale de l’atelier laitier. Exprimé en kg de lait/jour de vie, il se calcule de la façon suivante :

Nb de lactation avant réforme * Niveau d’étable (kg/an)


(Nb de lactation avant réforme * IVV (jours) + âge premier vêlage (jours))


Ce critère est plus pertinent que le niveau d’étable seul car il relativise le niveau de production par les périodes improductives (élevage des génisses notamment). De plus, une stratégie basée sur le niveau d’étable du troupeau peut ne pas être rentable si elle entraîne une réforme prématurée des vaches, soit un poids relatif très élevé du coût de la génisse.

Pour info, une hausse du niveau d’étable de 100 kg/an engendre un accroissement de la productivité par jour de 0.1 kg/jr alors que la réduction de l’âge au 1er vêlage des génisses de 1 mois ou l’allongement du rang moyen de lactation de 0.1 an assure une hausse de la productivité par jour de vie de 0.2 kg/jr. La maîtrise de la période d’élevage des génisses et le vieillissement du troupeau sont 2 postes clé pour optimiser l’efficacité économique de l’atelier laitier.

2 - Le coût de production globale €/1000L de lait


Ce critère correspond au coût du litre de lait produit et renseigne sur la répartition des charges qui le constituent (charges opérationnelles et de structure). Nécessitant une analyse fine des données comptables, cette démarche doit être accompagnée par un spécialiste comme votre conseiller de gestion.

Le coût de production est essentiel pour toute réflexion d’investissement. Les exploitations laitières dont le cycle de production reste long, nécessitent d’appréhender certaines charges opérationnelles (élevage des génisses) comme une charge de structure.

L’analyse de la rentabilité de l’atelier laitier doit comprendre impérativement :

  • la productivité par jour de vie = niveau de performance technique de l’atelier

  • le coût de production du litre de lait produit = coût de la performance technique.


Remarques :

  • le coût alimentaire représente entre 25 et 45% du coût de production. Sa maitrise est donc essentielle pour assurer la rentabilité de l’atelier laitier sachant qu’il est possible d’intervenir rapidement sur ce critère dont le retour sur investissement est également rapide.

  • Le temps de travail (h/1000 L de lait), culturellement sous-estimé, est extrêmement important pour le bien être de l’agriculteur et la pérennité de l’exploitation. Il est encore plus important aujourd’hui avec la fin des quotas laitiers et la possibilité de libérer la production. Dans ce critère, doit être distingué le temps lié aux activités normales (alimentation, traite, IA…) du temps lié à des opérations exceptionnelles (mammites, diarrhées des veaux…). Les interventions exceptionnelles d’ordre sanitaire engendrent une charge de travail non maîtrisable qui peut être très dommageable à la rentabilité de l’exploitation lorsque la saison impose d’autres travaux (traitement des cultures…).


Le contexte laitier actuel nécessite de se doter de critères de pilotage tels que la productivité par jour de vie (performance technique) et le coût de production global (coût de la productivité) pour optimiser au mieux sa marge nette. En moyenne, suite à la mise en place du suivi technique Diag’Vital sur une structure, une optimisation du coût de production de l’ordre de 15-30 €/1000 L est observée.
Partager l'article sur
les réseaux sociaux